Le journal sur Orgeval
La station d'épuration d'Achères à nos portes, qui est la 2e plus grande du monde (!), traite les millions de m3 d'eaux souillées (matières fécales, urines, phosphates, ...) de 6 millions d'habitants d'Ile-de-France.
Les eaux y sont traités, filtrées et pressées jusqu'à obtenir une pâte noirâtre dans laquelle restent des traces de métaux. Des échantillons sont prélevés et envoyés chaque semaine à l'Institut Pasteur de Lille qui vérifie le respect des normes.
Pour le directeur de l'usine, "ces boues sont saines et inoffensives".
400 tonnes de boues sont produites chaque jour et épandues à titre d'engrais gratuit sous le nom "Fertifond" sur des terres agricoles de Normandie, Picardie, Champagne et jusqu'au département du Cher.
A titre d'exemple, dans un plan de fumure pour le blé, on épand 10 tonnes de boue par hectare après moisson.
Toutes usines de traitement confondues, 400.000 tonnes de boues sont épandues par an en France.
S'agit-il d'un produit miracle ? Et dans ce cas, pourquoi est-il fourni gracieusement - et pas vendu - aux agriculteurs en France ? Pourquoi ces boues sont-elles strictement interdites en Suisse ?
Les experts du Ministère de l'Environnement suisse se sont aperçus que ces boues pouvaient contenir plein de micro polluants chimiques tels que les hormones de synthèse, les antibiotiques, médicaments, le bisphénol, les pesticides... Tant et si bien que nos voisins préfèrent les brûler et mettre en décharge les résidus ultimes malgré un coût de traitement trois fois supérieur ! La fédération suisse des producteurs de céréales considère quant à elle que le jeu n'en vaut pas la chandelle, faute de pouvoir provisionner les risques.
Même son de cloche à la FNSEA, première fédération agricole française, qui déconseille à ses adhérents d'utiliser le Fertifond. Le groupe agro-alimentaire Bonduel va plus loin et l'a interdit à ses fournisseurs.
Le mot de la fin revient au professeur émérite Mazoyer de l'Institut national d'agronomie qui déclare : "Les consommateurs n'ont pas envie des risques, les producteurs sont contre, la précaution serait de s'abstenir !"
Peut-on rêver qu'un jour nos élus -et notamment notre maire et conseiller général- soient sensibles à ce sage principe de précaution ?
Sources : Complément d'enquête du 08/06/2009, wikipedia, recherches.